L'Yonne et L'Agneau - Une fable Pastorale

11 septembre 2021

Des Moutons et des Arbres

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31 août 2021

La Bergeronnette est connectée !

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Retrouvez toutes les informations nécessaires sur le site internet de la Bergeronnette à l'adresse suivante : 

https://bergeronnette-ecopaturage.fr/

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16 août 2021

La saison des moutons

 

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16 août 2020. J'ai la tête dans le guidon, je pédale de bon coeur vers un ailleurs établi, vers la ligne d'arrivée que je me suis fixée aujourd'hui. 

Au détour d'un virage, je lève la tête et découvre le paysage. Le canal est plein de surprises. 

Sur la rive face à moi, un troupeau de brebis pâture au son des cloches, hors du temps, hors de mon temps. Elles suivent le cycle de leur vie. 

Elles sont ici et maintenant et habillent le paysage d'un blanc manteau de laine. 

Je souris, sors mon téléphone et écris...

La Fable est sur le point de commencer. 

Une année s'est écoulée. 

16 août 2021. Une saison s'est terminée.

Je suis en vacances, en vraies vacances, loin du quotidien, loin des habitudes, loin des routines et à nouveau j'écris.

Je parle moutons et brebis. 

Je parle chemins de vie. 

Je parle d'aventures, de rencontres, d'expériences, de vies, de morts, de cycles, de découvertes et d'apprentissages. 

Une nouvelle ligne d'arrivée est derrière nous. 

Le parcours a été semé d'embûches, d'obstacles et de défis quotidiens à relever.

Le vivant, le matériel, le financier.... Rien n'a été épargné. 

"Les moutons ressemblent à celui qui s'en occupe..." Comment vont-ils aujourd'hui ? 

Il a parfois fallu abandonner pour mieux repartir ou mieux revenir.

Il a fallu parfois accepter de choisir et de renoncer.

Dans tous les cas chacun a cheminé. 

La saison est terminée. 

Une nouvelle peut commencer ? 

Le champ des possibles est grand. 

Soyons, comme le dirait Maxime de Rostolan, "acteurs d'éventuelles améliorations".

Maintenant. 

"L'élevage sert à s'élever" alors n'ayons pas peur de grandir...

 

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07 août 2021

L'intelligence du cœur.

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Quel est le rôle de ce blog ? Quelle est sa fonction ?

Quelle est la différence entre ces deux termes ?

Aujourd'hui je ne sais pas. 

L'accroche se veut être la découverte du pastoralisme. Aujourd'hui, je m'en sens bien loin. Voilà peut-être 2 mois que je n'ai pas vraiment approché de moutons, voilà peut-être 2 mois que je n'ai pas fait un vrai article thématique. Pourtant, la symphonie moutonneuse a continué et, malgré des fausses notes, les bergers ont tenté de jouer la partition jusqu'au bout de la saison.

De mon côté, il reste des sujets à aborder : les sceaux de berger, l'agnelage en direct, apprendre sur les soins naturels, la vie du sol... et que sais-je encore ? De nombreux articles peuvent exister c'est certain, j'ai encore ma plume à apporter. 

Ce soir c'est plus compliqué.

Ce soir, le troupeau ressemble aux bergers, rassemble les bergers. 

Des temps d'échanges sont nécessaires, comme en cas d'ecthyma ou d'équivalent, il y a des abcès à percer. 

La saison est terminée et le berger, comme certaines de ses brebis, boite.

Que s'est-il passé ? L'Histoire est-elle là pour être racontée ? Peut-être plus tard, peut-être ailleurs. 

Quels sont les bilans ? Quelles sont les perspectives ? A quel terme ? 

Des questions sans réponse. 

C'est le Vivant qui nous rassemble.

Des vies sont parties, d'autres sont arrivées.

Preuve en est de la nurserie installée juste à côté...On ne peut pas la manquer et les cris des jeunes agneaux ressemblent à ceux d'un nourrisson. 

L'agneau appelle, demande de l'attention, des soins, demande à ce que l'on comble ses besoins.

Il veut grandir, il veut vivre, il veut s'épanouir alors il appelle, il s'époumonne, il respire. Il vit. 

Est-il sur le point de s'essoufler, d'abandonner ou trouvera-t-il le soin dont il a besoin ? 

A-t-il été compris ? 

Patience. Nous le saurons bientôt.

En avons- nous le temps ? Patience. Nous le saurons bientôt.

En avons-nous le choix ? Patience. Nous le saurons bientôt.

Continuer à faire vivre le système moutons pour continuer à faire vivre l'Humain...

C'est ici que tout commence.

Demain sera-t-il plus beau qu'hier ? 

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17 juillet 2021

Dessine-moi un mouton #2

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L'éco-pâturage chez particulier se vit aussi de façon dessinée. 

Merci à l'artiste Sean O'Brien pour la visite de sa galerie, de son atelier et de son univers moutoneux plein de tendresse et d'humour... 

sean.art sur Instagram ou sur Facebook

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25 juin 2021

Paroles de Bergère #3

Apprentie bergère a-t-elle trouvé son œil ?

Un an est passé depuis les premiers pas de la bergère sacyate. Quoi de neuf ? Des camions, un, deux, trois dans l’hiver et d’autres s’ajouteront au début de la nouvelle année. On reprend les même et on recommence ? Un millier de têtes, mères et agneaux (on appelle ça un troupeau de brebis suitées). Le berger fait le tour des paysans du coin, on lui propose des champs à manger et on y met le troupeau, avec la bergère et – au départ Ettou, mais la mémère mérite de passer la patte à Toupie – avec un petit Rodin tout fou derrière les pattes, à observer, à essayer, à courir. Quelques mois et déjà volontaire. Allons-y, lançons la chienne, pas après pas pour le petit, il faut garder, parquer, porter, planter les filets, conduire de Joux à Nitry, de Nitry à Sacy…, à s’embourber parfois – le sacré numéro n’a rien d’un 4x4 – on repart à Joux redonner un bout de trèfle au plus grand des deux troupeaux : c’est qu’il faut faire attention avec les rations car comme la luzerne, le trèfle est très appétant pour les moutons et il fait météoriser et ça peut devenir dangereux !

Puis arrive février et la garde.

Au domaine des trois cents hectares de cailloux du printemps dernier. Désormais, il faudra supporter le froid, cette semaine commence rudement. Mais le travail, s’il dépend de la météo, ne change pas. On cherche à manger les bords de routes en premier, puis on cherche des bois quand il pleut ou neige, on mange l’intérieur du champ ensuite, on suit le gaoubi des moutons, on économise au mieux la chienne – ce serait dommage de la fatiguer alors que tout le monde grignote et cavale dehors – on trouve à manger, on marche, on tourne, on suit le gaoubi, on donne un biais, on évite les champs de culture hivernale, on tourne, sous les lumières blanches, pâles puis grises, sombres ; on remonte vers le parc et on rentre enfin se coucher.

Ce qui change, c’est l’attention apportée aux bêtes et à leurs habitudes différentes : il faut les protéger du froid…et son corps aussi. On chante, on trottine pour se réchauffer.

Vent frais, vent du matin, vent qui souffle au sommet des grands pins. Joie du vent qui souffle, allons dans le grand…. Vent…

Alors non. On va plutôt s’en protéger. Parce que sous -8°C, je vous laisse imaginer l’état de mes extrémités par ce vent… et celui des filets un poil moins bien enroulé que d’habitude… avec mes mains couleur d’un arc-en-ciel gelé par le quotidien solitaire et dans les hauteurs des plateaux venteux…

Elle danse le jerk sur de la musique pop, sous les stroboscopes, elle danse le jerk !

Ou au son des cloches. Ça ne me réchauffe pas des masses mais au moins, ça fait du bien au moral. Il faut tenir. Les moutons doivent manger jusque la nuit.

« Après, t’as des filets à poser, non ? »

Hum, et je laisse mes 1200 têtes de moutons se balader toutes seules jusqu’au prochain val, c’est ça ? Il n’y a rien à becqueter chez toi, si je les laisse plus de dix minutes, je me retrouverai avec trois troupeaux – les coureuses de fond, les agneaux qui pourchassent maman et les blessées de guerre du dernier soin – donc bon, mauvaise idée. Regarde ces deux-là, dans le fond, près de la haie, et le groupe là-bas dans lequel tressautent quelques têtes… Penses-tu qu’elles grelottent malgré leurs kilos de laine ? La date du dernier coup de couteau n’est pas marquée sur leurs sabots mais les traces fraiches sont visibles. La corne encore molle ne ment pas. Petit rictus et on relâche la brebis. Un coup d’œil à la chienne qui garde la petite route (barrière infranchissable de trente kilos toute mouillée face aux dizaines de tonnes de chair, de laine et de carcasse), Rodin reste au pied, concentré à mâchouiller un caillou et le troupeau grignote ce qu’il trouve dans son assiette. Bien. Nous sommes bien ici, inutile de confondre vitesse et précipitation à vouloir tout faire d’un coup. Ralentir ne serait-il pas l’adage des bergers ? Regarde. Bientôt, elles pourront sauter dans les bois, quand je rappellerai la chienne.

Promenons-nous dans les bois, tant que le loup n’y est pas, si le loup y était, il nous mangerait.

Suivons la joyeuse troupe, on sera certainement protégées là-bas. Heureusement, le loup ne traîne pas ici, ce côté du département y échappe encore. Et on redescend tranquillement. Toupie part fouiner, Rodin la suit, ils jouent. Il faut leur laisser des temps de paix, là, leur présence n’est pas indispensable, tout va pour le mieux.

La nuit tombe, c’est l’heure de rentrer tout le monde. Et la bergère. Et ses filets. Et ses chiens.

Comptons les moutons.

« Il y avait combien de noirs déjà le printemps dernier ? »

 

13 février 2021 - FeuFoLex

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13 juin 2021

Peur et Confiance

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Anne Steinlein - Le gardien du grand réveil. 

- Bonjour Madame B ! 

- On a essayé de voler ma voiture ! 

- Pardon ? 

- regardez, la vitre...

....

Troisième effraction en 4 jours dans une résidence pourtant en apparence tranquille...

Et le Flash Back d'une conversation avec une équipe restreinte de bergers la veille. 

L'être humain est habité par deux émotions la peur ou la confiance...

Ces paroles résonnent. J'ai ressenti la peur de l'autre, la peur chez l'autre...

Quel chemin suivre ? 

Celui de la peur me semble on ne peut plus facile, il conduit sans doute à la folie mais une fois la perte de contrôle enclenchée, on peut lâcher prise, il n'y a plus rien à faire qu'attendre la fin... précipitée ?

Le chemin de la confiance est semé d'embûches, il est loin d'être un long fleuve tranquille. Pourtant il a suffisamment d'attraits pour que je puisse avoir envie de l'emprunter et ne pas en finir trop vite. 

Quel enthousiasme aujourd'hui !

Tout ça pour une vitre brisée et des vélos volés ? 

Non, la réflexion porte beaucoup plus loin. Dans un avenir plus proche qu'il n'y paraît. 

Où en serons-nous dans 5 ans ? Aurons-nous réussi à maintenir notre degré de confort ou serons-nous déjà en train de lutter pour survivre ? 

Aurons-nous réussi à accueillir la décroissance, les renoncements aux petits bonheurs simples comme le fait de boire une bière en terrasse après une bonne journée de travail ? Ou aurons-nous commencer à nous battre et nous détester ? 

Le grand remplacement ce seront 2 personnes qui se battent pour une boîte de conserve... 

Le ton de la soirée est amer. Une ouverture de conscience au pied de biche pour provoquer un grand réveil ? 

Que voulons-nous pour demain ? Que pouvons-nous faire pour demain ? Que faisons-nous pour demain ? 

Me voici replongée dans les origines mêmes du projet "moutons", du "système moutons". De son utopie, de ses grains de sable dans le grand engrenage, de ses râtés mais aussi de ses succès. De l'aventure humaine, sociétale et environnementale que tout cela aura créé.  

Je suis à l'écoute. J'essaie de retenir un maximum d'éléments de cet échange qui n'en est pas vraiment un, de ce monologue entrecoupé de quelques interventions, de légères digressions qui parviennent toujours à revenir sur le droit chemin des propos voulant être révélés, entendus et partagés. 

Une sensation forte de solitude... de solitude quand l'envie de créer, de porter un clan brûle dans les yeux de celui qui parle. 

Tout seul on est rien.

Peur et Confiance. 

Faire confiance coûte que coûte, espérer trouver la loyauté, la sincérité, l'engagement. 

Avancer continuer à franchir les obstacles et donner tout ce qui mérite d'être donné pour espérer trouver la vertu et la laisser s'exprimer. 

Me voilà à parcourir la vie de Diogène et vivre le parallèle avec les bergers icaunais du XXIème siècle.

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Je cherche un Homme

Cette fable pastorale prend une tournure qu'il aurait été impossible d'anticiper.

Qui aurait pu dire en septembre 2020 alors qu'un premier article naissait aux yeux de tous que 9 mois plus tard...la vie aurait conduit ici? 

Ici au milieu de ces vagues de moutons, de cette ivresse de laine, du besoin de sécurité, de ces liens humains noués, détricotés, rafistolés ou parfois rompus. 

De tout ce vivant interconnecté préparant l'avenir, permettant de survivre face au potentiel pire à venir. 

Qui répondra à l'appel ? Qui sera prêt ? Quelle communauté naîtra ? Qui vaincra ? La peur ou la Confiance ? 

Faisons un choix 

 

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11 juin 2021

La danse des laines

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S'il y a bien un rendez-vous incontournable dans la vie d'une brebis ou d'une ingénue explorant le monde des bergers, c'est bien la saison de la tonte. 

Pour la première, cela lui permet d'aborder l'été en toute légèreté pour la deuxième cela lui ouvre encore de nouveaux horizons. 

La première, une fois parquée, attend son tour un peu stressée, la deuxième, tant qu'elle ne fait qu'observer ou ramasser puis tasser la laine, reste sereine. 

Le dispositif mine de rien a quelque chose d'impressionnant et doit être organisé...Au fil du rasoir ?

On est en plein-air alors il faut un générateur pour faire fonctionner les tondeuses électriques, de l'espace pour installer des parcs éphémères, des toiles pour protéger aussi bien dessus que dessous, des sacs à grande contenance pour récolter la laine.

Toute une logistique est nécessaire pour prendre aussi bien soin des moutons, des chiens, que des personnes présentes sur place.

Ici, l'été commence gentiment à s'installer et la chaleur se fait plus présente. Le rendez-vous est donc fixé de bonne heure.

Côté tondeur professionnel l'objectif est de tenir un rythme de 3 min par tête (230 y seront passées le 1er jour !) tout en surveillant ce qui se passe autour, conseiller les apprentis, corriger une position et ne pas se laisser déborder par la pelotte de laine sur pattes. 

Plusieurs acteurs sont nécessaires. 

Dans l'idéal il faut :

- Quelqu'un pour placer les moutons dans un petit parc pour qu'ils soient faciles d'accès pour le tondeur.

- Des tondeurs, cela va de soi,

- Du monde pour ramasser la laine histoire qu'elle ne s'empile pas aux pieds de l'acteur principal.

- Et puis tant qu'à faire un peu de monde pour veiller au bon déroulement général.

Si on se met à parler un peu chiffre avant de parler technique, une brebis coûte de mémoire 2€ pour être tondue alors qu'actuellement le kilo de laine se vend 20 centimes...qu'il part en Inde ou en Chine pour être traité avant de revenir sous sa forme transformée en France. Pourquoi ne pas faire simple et apprendre à s'adapter aux normes écologiques de notre territoire plutôt que d'aller polluer ailleurs ? 

Une affaire peu rentable et pourtant le berger n'a pas vraiment le choix puisque le mouton n'est plus en capacité de muer et de faire en sorte que sa laine tombe toute seule.

Berger est un métier qui par période revient plus cher qu'il ne rapporte et comme on n'a pas encore trouvé comme vivre uniquement d'amour et d'eau fraîche, la situation peut parfois devenir compliquée et troubler le repos...

Enfin... si on en revenait à la tonte ? 

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Qu'est-ce que ça fait que de faire danser un agneau entre ses jambes? Qu'est-ce que ça fait de tenir les couteaux d'une tondeuse électrique entre ses mains ? Le contact avec la peau de l'animal, de la laine qui se détache ? Est-ce que ça peut faire mal ? Est-ce que les vibrations finissent par être désagréables ? Et le bruit ? Vous gérez ? Que ressentez-vous ?

Il n'y aurait pas eu de meilleures réponses que ma propre expérimentation. L'envie est présente en même temps les personnes ici rassemblées n'ont pas le temps de divertir une damoiselle de passage qui, une fois qu'elle aura manié 3 coups de tondeuses, s'en retournera dans ses pénates jusqu'à la saison prochaine. 

Alors elle se contente d'observer.

Les gestes sont précis, techniques, c'est une véritable chorégraphie... Il existe d'ailleurs certains planchers marqués des positions de brebis à adopter étape après étape. Ici, les planches sont vierges de toute marque, on travaille avec du vivant et chaque animal est différent. 

Les ressentis le sont aussi. Quand un tondeur trouve que les animaux sont plutôt détendus, une autre les trouve agités. Question d'expérience, d'apprentissage, de parcours. 

Le temps s'est écoulé, de nombreux agneaux paradent déjà de leur blancheur retrouvée. 

Une pause bien méritée s'annonce. Le temps de décompresser et pour moi de filer.

Vous vous rappelez ?J'ai rendez-vous. 

 

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Mise en abyme

 

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Parler du blog sur le blog. 

Emission du 10 juin 2021. 

https://www.francebleu.fr/emissions/16h-19h-ca-vaut-le-detour/auxerre

Grand merci à Eugène pour cette invitation. 

 

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09 juin 2021

Tel est pris qui croyait prendre

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Il y a des matins comme ça où l'on se dit que l'on ferait mieux de rester au lit, qu'il faudrait se mettre à l'écoute de signes avant-coureurs et prendre le temps d'agir. 

Une panne de réveil par exemple, un chauffard qui vous force à ralentir, une boulangerie fermée le jour où vous comptiez y acheter un petit déjeuner...

Et pourtant, on force parce qu'il faut bien y aller. Nous sommes inter-attendus. 

Je me suis levée parce que je me suis engagée à y aller. Un autre s'est levé parce qu'il savait que je venais.

Finalement, tout se lie.  Alors, allons-y !

.....

Allô, Anne-Marie ? Ah ! est-ce qu'on peut décaler le cours de ce matin ? Disons d'au moins 1 heure... 

Pourquoi ? Eh bien parce qu'actuellement je suis perchée sur le toit de ma voiture à attendre qu'un berger vienne me sauver....

Innodation ? Tempête ? Attaque de Tigre du Bengale ? Scénario imaginé d'une nouvelle comédie romantique ? 

Rien de tout ça... Juste un peu trop d'enthousiasme.... juste un peu trop de confiance en ma 107 tout terrain et un chemin taquin. 

Tu pensais faire le tour et passer par là ? 

- Bah oui...

- Même moi, je ne m'y aventure pas !

Bon. Au moins maintenant je sais. 

"Il faut se perdre pour trouver de nouveaux chemins..." Il faut se perdre pour créer du lien ? 

Voilà donc quelques minutes que je patiente, je suis embourbée, j'aperçois au loin le troupeau d'agneaux prêts à être tondus, j'espérais y être dès l'allumage des machines, ça sera pour plus tard. Un berger m'a dit qu'il allait venir m'aider. Dans 5 minutes. Heure de berger. 

Je patiente et rigole de mon inexpérience. Que faire d'autre ? Au moins il y a du soleil et les impératifs sont gérés donc tout va s'arranger. 

Enfin j'aperçois mon dépanneur, on se fait signe et j'attends son arrivée, son sationnement sur les lieux me semble un peu douteux, admettons, lui il a le mode 4x4, il s'en sortira. Moi ? C'est moins sûr, la bête à moteur refuse de bouger, elle est collée au sol. Il faudrait une sangle... 

Allez, monte ! On va aller chercher ce qu'il faut......

Ou pas ! Voilà que le dépanneur est aussi à dépanner ! 

On se croirait dans une caméra cachée. 

Allô Vincent, t'aurais pas une sangle par hasard.... ? 

Double embourbage au milieu du chemin ! 

Tout va bien !

Tête dans le guidon en ce moment, non ? 

Prenons le temps de respirer, une salutation au soleil et ça repart !

Notre sauveur entre en scène et l'un après l'autre nous remet sur le droit chemin. 

L'occasion de reprendre une ancienne conversation, de discuter partenariat, collaboration et compactage du sol avec graines à désirer, indésirables ?

Partages de savoirs et de conseils, programmation de nouveaux rendez-vous, finalement, ça fait plaisir de se voir !

J'écoute, enregistre des informations pour plus tard et enfin, retravaille ma marche arrière en ligne droite. 

Mon orientation s'organise en suivant le véhicule du berger, je prends des points de repères.

Si tu te trompes à nouveau, je ne serais plus là pour te dépanner...

Le message est enregistré. Le trajet aussi. Je pourrai recommencer, enfin... revenir quoi ! 

Sur place l'équipe de tondeurs est déjà à la tâche, un camp improvisé, des troupeaux, des chiots de bergers, tout un espace en activités. 

Une nouvelle aventure commence.

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